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Zhdanova Zhdanova CC BY 3.0

FEMEN et GENDER, sors, déshabille-toi et perd…

29 novembre 2018

Il serait difficile à l'Agence CQMI de ne pas évoquer les FEMEN venus d'Ukraine. Antoine Monnier en parle quelques fois et tout le monde en a déjà entendu parler, la plupart d'entre vous ont été choqués par leurs activités. Médiatisées à outrance notamment lors de leur débarquement en France, les FEMEN ont installé désormais leur base arrière principale à Paris et promeuvent un sexisme féministe violent et agressif. Alors pourquoi sexisme ? L'organisation a une longue histoire et cette histoire qui se cache derrière un féminisme entendu a en réalité des objectifs cachés et d'autres parfaitement lisibles mais non officiellement théorisés, affirmés. C'est à travers les codes des FEMEN que l'on peut en fait comprendre la manipulation qui se cache derrière, mais dans l'ensemble, que l'on soit en Ukraine ou en France, la sauce FEMEN n'a pas vraiment prise, elle n'a fait que choquer, inquiéter et diviser. Nous nous pencherons, une fois n'est pas coutume au CQMI sur un sujet brûlant de sociétés qui est en marge de notre activité mais nous touche aussi par effet domino.

En usant des seins nus des femmes, symbole très fort de la féminité, de la maternité et du désir masculin, les FEMEN avec leur dicton « sors, déshabille-toi et gagne » ont tenté de chambouler totalement la mentalité des femmes et surtout de montrer les hommes comme un ennemi, le modèle hétérosexuel comme dégradant, tout en s'attaquant à des cibles désormais faciles comme la religion chrétienne. En effet, dans deux pays que sont l'Ukraine et la France dans cette tradition, mais étant passés par une révolution (jacobine dans l'un, bolchevique dans l'autre), les FEMEN ont construit des ponts de communication avec un certain public en faisant vibrer les cordes de l'anticléricalisme, de l'antipatriotisme et de beaucoup d'autres « anti quelque chose ». La stratégie simple mais efficace a au départ remarquablement fonctionné, appuyé par une véritable armée de journalistes et des soutiens politiques internationaux et français jusque dans les sphères de l’État. Dix ans plus tard le bilan est triste, les FEMEN ne sont plus qu'un outil de manipulation délaissé, mais prêt à être brandi de nouveau au cas où. Actuellement, le mouvement a encore bien des secrets à livrer, en particulier sur ses financements, les personnages cachés, les raisons et les manœuvres occidentales et françaises autour du mouvement sexextrémiste le plus virulent au monde.

La naissance du mouvement FEMEN.

Dans l'immédiat de la Révolution Orange, dans le marasme d'une Ukraine à la peine, les FEMEN furent créées par trois femmes. Parmi elles, Anna Hutsol (1984-) née à Mourmansk en Russie de parents d'origines juives ayant émigrés en Ukraine (1991), puis vient Oksana Chatchko (1987-2018), originaire de Khmelnytsky dans l'Ukraine historique (Podolie autrefois polonaise), s'étant suicidée à Paris le 23 juillet dernier, et enfin Alexandra Chevtchenko (1988-) née également à Khmelnytsky. Les revendications premières des FEMEN qui les rendirent cohérentes en Occident, furent celles de la lutte pour la condition de la femme. Dans un pays comme l'Ukraine, en difficulté endémique et traversée par des crimes politiques profondes sur fond de « J'aime la Russie mais je la déteste », les FEMEN ont attiré l'attention sur la prostitution, dénoncé la pornographie en ligne et surfaient sur l'image d'une Ukraine masculine, soviétique, injuste et oppressive. Il est trop tôt pour se déclarer sur les soutiens arrière des FEMEN de 2008 à aujourd'hui, mais à cette époque le mouvement devînt progressivement une arme pour frapper l'idée d'une Ukraine « russe ». A cette époque le mouvement eut le vent rapidement en poupe et bénéficia d'argent pour salarier des membres, organiser des actions et des voyages. Les mécènes officiels furent présentés comme allemands, mais une journaliste d'investigation ukrainienne ayant infiltré le mouvement révéla un financement « de milieux d'affaires européens et américains ». Nous n'en saurons pas plus. D'autres enquêtes montrèrent également que le seul véritable fondateur du groupe était un homme, Viktor Sviastki aux motivations et comportements troubles longuement dénoncés et étayés dans la presse, jusqu'à son éviction du mouvement. La figure toutefois principale du mouvement se révéla être bientôt Inna Chevtchenko (1990-), souvent confondue avec Alexandra, et arrivée tardivement dans le mouvement.

Kiev Court 28 7 2013 Valentyn Ogirenko

L'installation en France et le développement du mouvement à l'international.

Nous passerons les détails très nombreux de l'historique des FEMEN, mais l'important est de savoir que dans une première période de 2008 à 2012, le mouvement se développa essentiellement en Ukraine. Après une opération coup de poing en Biélorussie, de nombreuses prises de positions politiques contre la Russie et le président Vladimir Poutine, appel au meurtre du Patriarche orthodoxe de Moscou, compromission avec les nationalistes ukrainiens les plus extrémistes, dont le Parti National Socialiste d'Ukraine, le discours des FEMEN changea progressivement pour se fixer sur des revendications politiques tels qu'un soutien à l'intégration dans l'Union européenne de l'Ukraine, la lutte contre les régimes politiques oppresseurs ou censés l'être en Russie, en Ukraine et en Biélorussie, un assaut en règle contre les croyances religieuses, les croyants eux-mêmes, les lieux religieux et la tête des églises catholique et orthodoxe. A chaque fois, tout cela fut mis en cause dans l'asservissement de la femme éloignant très vite le mouvement des revendications premières plus concrètes. Le mouvement instrumentalisa théâtralement sa fuite en « Occident », en mettant en scène l'arrivée des principaux leaders demandant l'asile en France et en Suisse. C'est à Paris que finalement le mouvement trouva sa nouvelle base (2012). Avec le soutien de personnages que les Français connaissent peu, comme Galina Ackermann, ou beaucoup plus comme Caroline Fourest, Bernard-Henri Lévy, et enfin de membres importants autour des partis de gauche dont le Parti socialiste de François Hollande, avec par exemple Jacques Attali, les FEMEN s'installèrent donc à Paris. Bénéficiant d'un important financement désormais difficile à pister et à quantifier, dont beaucoup de dons de particuliers, mais aussi de l'argent public, la mise à disposition de locaux, d'appartements, de moyens de formations, le mouvement passa à la vitesse supérieure en Occident tout en perdant ses attaches originelles en Ukraine. Pour commencer le mouvement s'inséra dans la campagne gouvernementale de la Loi Taubira pour le mariage pour tous (et le Gender), s'imbriquant idéalement dans cet événement politique majeur en France. Cet état de grâce, cumulé avec une débauche médiatique pour appuyer le mouvement, va toutefois rapidement s'essouffler en montrant un visage qui n'avait plus rien à voir avec la défense des droits de la femme.

Sexextrémisme et comportements masculins violents et menaçants.

Le mouvement se rendit en effet impopulaire en un peu plus d'un an, multipliant ses activités comprenant le recrutement de « femmes engagées », des supplétives locales pour permettre au mouvement de se développer et de proliférer. Le ton donné fut très vite celui de la violence (action à Notre Dame de Paris, 2013), déclarations haineuses, violentes, insultes variées. C'est à cette époque qu'apparut sur le site des FEMEN l'image d'une femme tenant une faucille à la main et ayant coupé les parties génitales d'un homme. L'image qui a été retiré des mois plus tard est cependant révélatrice de l'état d'esprit des FEMEN. Différents anciens membres, dans la période suivante jusqu'au suicide d'Oksana Chatchko (2015-2018) vinrent ensuite dénoncer une organisation musclée, militariste et extrémiste, sans parler des personnalités caractérielles, ambitieuses ou intéressées et d'une ambiance au sein du mouvement oppressante et délétère. Le combat des FEMEN de cette époque glissa de plus vers la lutte « contre les homophobes, les extrémistes, les fascistes, la religion, les réactionnaires, les rétrogrades ». En s'adaptant à son « nouveau public », les FEMEN furent ainsi instrumentalisées dans des luttes politiques locales et nationales, essentiellement en France, jusqu'à la décision politique de faire du timbre emblématique de la Marianne, une FEMEN au visage d'Inna Chevtchenko (14 juillet 2013). Rapidement toutefois, à l'instar de Caroline Fourest avec qui elle entretiendra une relation amoureuse, le mouvement glissa vers l'islamophobie, puis dans ces derniers vrais succès médiatiques fut utilisé dans les premiers feux de la Révolution ukrainienne du Maïdan. Cependant, malgré l'apparition à Kiev d'un régime supporté par l'Occident, pro Union européenne et OTAN, les FEMEN ne sont jamais retournées en Ukraine où logiquement elles auraient dû retourner pour poursuivre la lutte pour la libération des femmes ukrainiennes… Le mouvement s'essouffla ensuite progressivement, seulement supporté par d'importants financements, sombrant ensuite dans des divisions internes féroces, décrites après les désertions de plusieurs figures du mouvement FEMEN occidental. Les derniers brûlots de FEMEN se sont ensuite noyés dans le fil informatif, jusqu'à que les dernières actions d'Inna Chevtchenko se traduisent par des causes encore plus réduites : l'anticléricalisme (à travers un livre, sorti en 2017), la défense du GENDER, la lutte contre l'homme et la « dictature du Masculin ». Au final, cette violence gratuite et les dessous des cartes, sans parler du visage négatif et haineux des FEMEN a fait fuir l'essentiel des supplétives locales ne laissant qu'une coquille vide et pathétique.

La déroute morale du mouvement des FEMEN.

Dans la phase suivante (2014-2018), le mouvement connu encore deux années relativement actives (2014 et 2015), avec un repli des soutiens les plus ostentatoires. Après avoir soutenu la cause nationaliste ukrainienne, combattu « les patriotes » frontistes et l'extrême-droite française, les recrues des autres pays où les FEMEN s'étaient installées firent finalement souvent défaut de manière magistrale. C'est le cas de Sara Winter (Brésil, 1992-), soutenant la cause bisexuelle et homosexuelle, ainsi que l'avortement (2011-2013). Après une trajectoire météore très médiatisée, elle quitta le mouvement (Chevtchenko affirma l'avoir expulsé), se rapprocha de la religion catholique, donna naissance à un enfant (2015) puis s'attaqua aux FEMEN comme « étant une secte qui promeut la destruction de la famille traditionnelle et de toutes les valeurs morales de la société ». En France, Éloïse Bouton après avoir été l'une des FEMEN française les plus extrémistes (2013-2014), déserta le mouvement et écrivit ensuite un livre (2015), Confession d'une ex-Femen où elle dénonçait le mouvement dans ses errements, ses dessous, l'ambiance délétère et les personnalités perverses se cachant derrière le mouvement. D'autres comme Yana Zhdanova, originaire de la région insurgée du Donbass (Makiivka, 1988-) furent reconnues par la suite coupable par la justice française et condamnées pour des violences/ Comme toutes les FEMEN historiques originaires d'Ukraine cette femme a totalement abandonné la « cause des droits de la femme en Ukraine » pour s'intéresser à ceux des femmes françaises et d'Occident. Cet aspect xénomorphe d'un phénomène politique n'a pas donné plus de résultats avec les femmes du cru. C'est le cas de Safia Lebdi (1974-), aujourd'hui politicienne, engagée dans le mouvement Ni Putes ni soumises (1998), puis avec les FEMEN (2012-2013) en particulier derrière des actions en Tunisie et au Maroc. Elle s'éloigna discrètement du mouvement, effrayée de ce qu'elle y avait découvert et à ce jour n'a pas fait de déclarations ostentatoires. Vers la même époque était apparue la Tunisienne Amina Sboui (1994-), s'étant faite remarquer dans son pays (2013) dans des conditions rocambolesques, elle fit l'objet d'une campagne médiatique FEMEN et de financement de son action, après s'être livrée à une profanation de sépulture. Elle quitta le mouvement en déclarant ce dernier islamophobe, dans une déclaration publique explosive (20 août 2013), fut accueilli comme réfugiée en France (2014), où elle imagina bientôt un vrai faux attentat de salafistes après avoir posée entièrement nue pour la Journée de la Femme. L'attentat étant une mise en scène, elle écopa d'une condamnation pour dénonciations de délits imaginaires (8 octobre) et fut mise en cause dans des violences puis relayée (2015). C'est sur ce constat de déroute pitoyable que l'aventure FEMEN s'est en réalité prolongée et perdure tout de même bon an, mal an.

Yana vs Loukashenko

Les FEMEN misent en échec par le rejet des femmes.

Comme nous l'avons vu les FEMEN abandonnèrent les premières causes essentielles de la lutte pour la défense des droits de la femme, en tombant bientôt dans divers extrémismes dont le plus terrible fut celui du sexextrémisme. Cette idéologie est tournée contre les hommes et vise à détruire les droits de ces derniers en affirmant la suprématie des femmes (symbole de la castration de l'homme en boucle chez les FEMEN entre 2012 et 2015), en se cachant derrière diverses causes, lutte contre le racisme, lutte contre l'obscurantisme religieux, lutte contre la pornographie, lutte contre le nationalisme, lutte pour l'Union européenne, lutte contre la Russie, lutte contre les régimes totalitaires ou désignés comme tels etc. La raison pour laquelle les FEMEN ne sont pas revenues en Ukraine malgré le Maïdan, c'est que le mouvement n'avait en fait aucune sorte d'influence sur la société ukrainienne. La très grande masse des femmes ukrainiennes, voire russes ou biélorusses sont hostiles aux exagérations des FEMEN, tant dans l'idéologie que dans la pertinence de leurs combats. C'est la raison principale du non-retour à la maison des membres fondateurs. Ayant atteinte des objectifs personnels, un niveau de vie très supérieur à ce qu'elles auraient pu connaître en Ukraine, le mouvement a déserté le paysage ukrainien. Il n'y avait en effet plus guère d'intérêt pour elles à se maintenir dans un pays où les femmes étaient encore moins réceptives à leurs engagements politiques et aspirant en réalité comme toutes les adhérentes de l'Agence CQMI, à une vie calme, un mariage heureux avec un homme sérieux et aimant, une osmose traditionnelle dans le couple, avec la naissance d'enfants, progéniture entourée de papas et de mamans sur un schéma tout à fait classique avec des pratiques hétérosexuelles. Il est très important de comprendre que dans le Maïdan, les FEMEN ne pouvaient y retrouver une place. Le mouvement n'a jamais pu dépasser en Ukraine plus de 300 activistes décidées, plus quelques dizaines d'autres dans le monde, en France, en Suisse, en Belgique, en Israël, aux USA, en Italie et au Brésil. Dans certains pays, comme en Belgique le groupe a littéralement explosé et s'est dispersé (septembre 2013). En Israël après avoir annoncé une rapide croissance du mouvement, le groupe est finalement passé de 15 à 30 membres et partout ce ne sont qu'une poignée de femmes qui ont été montrées hurlantes et vociférantes dans leurs actions coup de poing. C'est par un exceptionnel renfort de médias, concentration rare à l'internationale, sauf pour des cas exceptionnels comme les FEMEN, que le mouvement a pu donner l'impression d'être très important, et en nombre, et en possibilité et en puissance de mobilisation. Avec une influence finalement nulle en Ukraine, les FEMEN ont échoué à « soulever » les pays slaves voisins, non sans avoir essayé en Russie, en Pologne, en Bulgarie etc. D'un capital curiosité de départ, les FEMEN sont alors passés à celui d'un capital voyeurisme, puis vers la nécessité d'exister pour le mouvement se livrant à des profanations, se mettant en danger, réalisant des coups médiatiques extrêmes, frappant aveuglement et de plus en plus inutilement et grossièrement.

Les réflexions selon lesquelles l'Ukraine est le pays des FEMEN sont finalement presque fausses. C'est une aventure d'une poignée d'Ukrainiennes, entraînant quelques dizaines de femmes, suscitant quelques milliers de fans (à peine 90 000 pour Inna Chevtchenko), qui en comparaison de femmes qui ont été provocatrices à leur manière, comme la chanteuse Madonna, ou en France Mylène Farmer, sont capables d'aligner des millions de fans (18 millions sur le Facebook de Madonna, 820 000 pour la seconde). Une aventure dont la majeure partie de l'histoire s'est déroulée… en France, non pas pour défendre les droits des femmes, mais ceux des minorités sexuelles et des homosexuels ainsi que la primauté et l'implantation du GENDER. Non pas pour lutter pour le bien être des femmes, mais pour servir une propagande finalement certes anticléricale mais surtout profondément intolérante envers les croyants, intolérante envers le droit à l'opinion. Accessoirement aussi arme géopolitique dans la Seconde Guerre froide qui se livre actuellement entre l'Occident et la Russie (et ses alliés), les FEMEN se seront logiquement retirées des vraies causes féministes, délaissant la lutte contre les violences faites aux femmes, la prostitution, l'esclavage, les mutilations rituelles, la vente des ventres, et enfin retirées d'Ukraine. Pour la France, il aura fallu attendre un article de l'Obs à propos d'un livre d'Olivier Goujon, et d'une longue enquête… (qui aurait dû être faite par les journalistes 5 ans plus tôt) pour que le masque tombe. Inna Chevchtenko reste cependant toujours aux commandes du mouvement et largement utilisée par d'autres médias, comme le Huffington Post d'une certaine Anne Sinclair (!!), pour tout le reste cependant, c'est à vous, Messieurs, de vous faire votre avis ! Si cela n'était pas ridicule et pathétique, l'héritage des FEMEN se limitera peut-être qu'au mot de la fin d'une des dernières activistes FEMEN de France, Sarah Constantin (1985-), qui aura laissé un ouvrage paru en 2016 : Comment je me suis réconciliée… avec le clitoris. Nous savons bien que vous aurez compris qu'au CQMI, notre ambition va bien plus loin que cette « réconciliation », mais bien la formidable beauté d'un couple qui s'aime, d'un homme et d'une femme, de Québec, de France et d'Ukraine !

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vues 123 fois Dernière modification le vendredi, 30 novembre 2018 12:24